DJ DJEL INTERVIEW LES DEUX MEUFS

[Interview] DJ DJEL : Nouvel Album « Rendez – Vous »

DJ DJEL INTERVIEW RELEASE PARTY

Dj Djel, natif de Marseille, est le DJ du groupe emblématique « Fonky Family ». Il est le fondateur du label « Don’t Sleep » et du collectif « Don’t Sleep Dee Jayz ». Il fait partie des acteurs du mouvement HipHop dans les années 90/2000 aux côtés notamment d’IAM. Djel décide d’exporter sa passion pour la musique au-delà des frontières françaises et explore le monde accompagné de ses platines !

Dj Djel aka Diamond Cutter présente son premier album intitulé « Rendez-Vous », nous l’avons rencontré à cette occasion.


Les Deux Meufs : Qu’est ce ça fait de sortir de sortir son premier album après toute cette carrière ?

Dj Djel : Le premier album solo, c’est assez spécial. Avant il y a eu des albums de groupe, j’ai déjà produit des projets solo. Il y a quelques années de ça, on a produit « Collectif Rap 2 » avec Dj Abdel. Puis j’ai une première compil qui s’appelait « Don’t sleep party » puis « Don’t sleep 2 » ensuite, j’ai produit des groupes notamment un groupe d’Aix en Provence, l’album de Degom puis une trentaine de mixtapes. Là, l’album solo, c’est un peu bizarre notamment quand tu as déjà été dans des maisons de disques, que tu as eu des disques d’or, de platine, … Mais, je trouve que ça fait partie de la vie, avec ses épreuves et toujours des choses à défendre. Et relever des défis ! L’album, c’est donc un défi de plus à relever. Ça fait presque deux ans que je suis dessus. J’ai réalisé toutes les prods, les scratchs, invité toutes les personnes, réalisé les titres. La pochette, c’est ma femme qui l’a faite. Le but est de donner quelque chose de sincère. Ce n’est pas évident mais on verra le résultat à la sortie, c’est surtout ça !

Les Deux Meufs : Pourquoi avoir choisi la plateforme KissKissBankBank pour financer l’album ?

Dj Djel : J’ai choisi KissKissBankBank pour le crowdfunding notamment pour faire participer les gens au sens de les impliquer dans le projet puis parce que je n’avais pas les moyens. Je trouve ça dans l’air du temps de pouvoir avoir des participants même si ce n’est pas à grande hauteur monétaire mais avoir des gens qui peuvent t’aider, qui se sentent impliqués et peut être soutenir beaucoup plus que certaines autres personnes de ton projet. Quand tu vas donner de l’argent pour soutenir une personne, un projet … C’est quand même un truc de ouf ! 5, 10, 15, 100€, même certains ont mis 1000€ … J’ai halluciné ! Tu sens vraiment que tu as des gens derrière toi. Quand tu fais un album en maison de disques, tu sens que tu as des gens derrière mais les ventes sont très aléatoires. Là, tu sais déjà, qu’il y aura des personnes qui vont être là.

Les Deux Meufs : Le premier extrait « Ma City » avec le clip n’est-il pas une déclaration à la ville de Marseille ?

Dj Djel : Oui ! C’est une grosse déclaration de love à ma ville. J’ai grandi à quelques rues du Vieux Port, j’ai trainé avec IAM à la sortie du métro, on a fait des concerts, on allait boire un café à dix où ma sœur travaillait. J’ai fréquenté la place derrière la Mairie. J’étais au collège du Vieux-Port. J’ai grandi entre Belsunce et le Panier. J’ai de la famille à La Solidarité. Bref, Marseille, c’est ma Ville avant tout ! Pourtant, je n’aime pas le football et ce que c’est devenu mais j’aime ma ville et ses habitants. Ça a été important pour moi de donner un titre à Marseille et aux Marseillais. Me localiser culturellement, c’était important : pour les personnes qui ne me connaissent pas et de là, aller chercher, peut être mon passé dans la Fonky et dans le reste. Ce clip-là, il est assez barré. Le but était de laisser à La Konfiserie la totale liberté de l’image. Quand j’ai vu le résultat, j’ai redécouvert ma ville. Le clip permet de revisiter la ville sous un autre angle et un jour prendre son scooter, sa voiture et s’apercevoir que c’est ce qu’on a vu dans le clip mais différemment. Le kaléidoscope, comme quand on était gamins.

Les Deux Meufs : Le morceau « Twenty One Dj’s », regroupe 21 Djs de France et de Belgique. Un projet de live ?

Dj Djel : C’est impossible … Big Up à tous les DJ : Nelson, Dee Nasty, Dj Rebel, Daz, RH, Modesty, Duke, … Merci à tous vraiment. Fuck à tous les DJs qui n’ont pas pu participer et qui m’ont fait des plans. Non mais c’est normal, il faut une petite pique ! Franchement, ça a été un bonheur de pouvoir faire le morceau le plus long avec le plus de feats au monde. Il n’existe pas de morceau similaire. Le but était une fois de plus de montrer qu’on avait la puissance à Marseille : on peut amener des personnes, les faire tourner. C’est Don Choa qui a trouvé le nom. Ça a été un truc de ouf pour le monter : récupérer les scratchs a cappella des Djs, remonter le morceau, faire la structure, … Dee Nasty m’a un peu aidé en m’envoyant des cut différents que j’ai pu replacer. Mais le jouer en live … Chose presque impossible parce que réunir 21 Djs sauf si il y a une boîte de prod qui veut bien nous payer tous les billets, nous réunir et qu’on fasse le truc, ce sera avec plaisir ! L’appel est lancé ! On est chauds !

Les Deux Meufs : Ancré au début du HipHop, qu’est-ce que tu penses du HipHop « aujourd’hui » ?

Dj Djel : Le HipHop est le même, le Rap est différent. La musique Rap est très différente. Tous les 5, 10 ans, on a un phénomène qui surgit dans la musique Rap. Si on remonte dans les années 80, on a des personnes qui rappent sur du funk avec comme référence Sugar Hill Gang. Ensuite, on arrive avec un truc qui est un peu plus socio-culturel qui va parler un peu plus de la « merde dans le quartier » avec The Message. On a Run DMC qui arrive avec un autre délire et aussi Public Enemy, RedMan, Jay-Z. On trouve plus tard la Dirty, qu’on appelle aujourd’hui la trap. On a évolué vers un truc très différent. En France, c’est pareil sauf qu’on singe beaucoup les Etats-Unis. Du coup, quand on a un phénomène comme Solaar, Orelsan, AKH, Le Rat Luciano, ça permet de rééquilibrer. Je suis plus intéressé par le Rap Français que celui qui est mimé des States. J’écoute SCH, Kaaris mais ce n’est pas ce qui m’attire le plus. Je préfère des personnes avec des textes, qui ont une forte personnalité, des choses à dire, un vrai univers. Je ne dis pas qu’ils n’en ont pas. Mais je ne m’intéresse pas à la violence gratuite, et au vocabulaire peu travaillé. Je reconnais que ce sont des vrais artistes et qui peuvent avoir un devenir intéressant. A côté Disiz, Orelsan, Oxmo, Big Flo & Oli, pour moi, il y a du fond et de la forme comme j’avais été intéressé par Fabe.  En ricain, j’écoute de tout : Tyga, Meek Mill, Future et je les passe en club. C’est du mainstream et j’ai grandi avec cette musique-là sauf qu’elle me touche moins. Je préfère la musique française. Je ne fais pas le nationaliste mais je regarde d’abord ce qui se passe chez moi.

Les Deux Meufs : Le HipHop en un mot ?

Dj Djel : Le Love ! Mais attention à l’écriture, les deux H sont en majuscule. Ça s’écrit en un mot ! Ce n’est pas le truc qu’on a vendu sur TF1. C’est une vraie culture. On peut vivre sa vie avec. On peut se construire autour. On peut en faire un travail si on le respecte évidemment. Si on l’emmène loin, il nous mènera loin. Le HipHop, c’est une culture comme le Rock, la musique électronique, le Jazz, la Techno, la musique classique. C’est une musique à part entière, faut juste revenir sur ses pas : connaître ses anciens, les créateurs du mouvement, son histoire pour savoir d’où on vient, savoir où on va. Le HipHop, c’est très riche, multiculturel, multi-ethnique, sans religion. En tout cas, c’est la culture qui m’a permis d’être là aujourd’hui et de vous parler. Sans ça, je ne serais pas devenu ce que j’aurais voulu être. Pour moi, c’est la culture de l’amour avant tout.


Retrouve Dj Djel à L’Affranchi le 27 février prochain lors de sa Release Party pour la sortie de son premier album « Rendez-Vous ». On y sera ! Et toi ?

Choppe tes places par mail : releasepartydjel@gmail.com en précisant NOM + PRENOM et le nombre de places souhaitées.

Nous remercions Dj Djel, l’équipe d’Orizon Sud et la Brasserie de l’OM.

One Love

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